Ligue 1
Olympique de Marseille
1 1
OGC Nice
Orange Vélodrome

Détails du match

Stade : Orange Vélodrome

OM - Nice (1-1) : la Panenka de Wahi gèle le Vélodrome

Le match

Trois minutes. Il restait trois minutes plus le temps additionnel pour ramener trois points qu'on attendait depuis le coup d'envoi, et on a trouvé le moyen de les gâcher. Bienvenue à l'OM saison 2025-2026, où chaque soirée prometteuse finit par te coller un goût de cendre dans la bouche. 1-1 contre Nice, une Panenka d'Elye Wahi qui flotte au-dessus de Rulli pour clôturer la soirée, et la sensation très désagréable que la course à la Ligue des Champions vient de prendre un coup mortel.

Avant même le coup d'envoi, le Vélodrome avait donné le ton. Bronca à l'entrée des équipes, virage Depé partiellement fermé pour cause de sanctions, banderoles incendiaires des Dodger's ("Ambition : LDC, neuf mois après, dégoût"), et un climat de fin de règne autour du logo et de la propriété McCourt. La soirée "Peuple bleu et blanc" voulue par le club s'est transformée en tribunal populaire avant même la première passe.

Habib Beye avait choisi un 3-5-1-1 inhabituel avec Pierre-Emile Højbjerg en patron au milieu, Quinten Timber en relayeur, et Pierre-Emerick Aubameyang en pointe. Tochukwu Nnadi découvrait une titularisation qu'on n'avait pas forcément vue venir, et la charnière à trois s'appuyait sur Benjamin Pavard, Leonardo Balerdi et Facundo Medina. Pas de Mason Greenwood au coup d'envoi, officiellement à cause d'une lésion à la cuisse héritée du choc contre Lille. Officieusement, certains au Vélodrome se demandent encore si la sortie médiatique de Medina la veille, qui a allumé "les internationaux, champions du monde et d'Europe", n'a pas pesé dans la balance.

Sauf que Nice, version 5-4-1 hyper compact, n'avait pas l'intention de nous laisser respirer. Yehvann Diouf a sorti tout ce qui passait, Mendy et Bah ont avalé les centres, et Wahi devant attendait son moment en solo comme un boxeur qui économise ses jabs. Première mi-temps tendue, frustrante, avec un Emerson qui se fait avertir bêtement à la 29e et un Medina qui suit le mouvement à la 44e juste avant la pause. Du combat, peu de jeu, zéro but au tableau d'affichage.

Beye a ajusté à l'heure de jeu. Tadjidine Mmadi pour Emerson à la 62e, Greenwood lancé à la 63e à la place d'Arthur Vermeeren, histoire de remettre du percutant côté droit. Et trois minutes plus tard, le déclic. Centre parfaitement ajusté de Nnadi côté gauche, et c'est le capitaine danois qui surgit en plongée pour propulser le cuir au fond du filet. 1-0 à la 66e, le Vélodrome explose, on se dit que ça y est, on tient enfin notre soirée. Hojbjerg, contesté pendant des semaines, venait de se rappeler à tout le monde.

On a tenu vingt minutes. Vingt minutes à défendre haut, à serrer les espaces, à grappiller des fautes, à voir Aubameyang user les centraux niçois sans jamais concrétiser. Et puis cette action de la 87e, le jeune Mmadi qui marche sur le pied de Jonathan Clauss dans la surface, un manque de lucidité qui te coûte tout. Le sifflet, le penalty. Ce sentiment immédiat dans le ventre que tu connais par cœur. Rulli proteste, prend un jaune (87e), Timothy Weah aussi (86e). Wahi prend le ballon. 88e minute. Et là, l'ancien Olympien (parce qu'il faut bien le rappeler) se permet une Panenka. Une Panenka. Dans la dernière ligne droite d'une saison qui pèse sur les épaules de tout un club. Le ballon flotte, retombe au milieu du but, et le Vélodrome bascule dans le silence puis dans la rage froide.

Dans le temps additionnel, une autre situation litigieuse dans la surface niçoise (cette fois pour nous), Mmadi qui ne tombe pas ou trop tard, l'arbitre qui ne bronche pas. Les arrêts de jeu ? Anecdotiques. Himad Abdelli avait remplacé Timber, Kamissoko avait pris la place de Nnadi, mais l'élan était cassé. Coup de sifflet final, Hojbjerg quitte le terrain en grinçant "il faut arrêter de parler pendant la semaine", message à peine voilé pour Medina, et nous dans les tribunes à faire les comptes.

Les buts

  • 66e, Højbjerg (OM) : centre parfaitement ajusté de Nnadi côté gauche, le capitaine plonge entre deux centraux et place une tête au fond. Première copie pleine du Danois depuis des semaines, et un but qui devait tout changer.
  • 88e, Wahi (Nice, sur penalty) : faute de Mmadi qui marche sur le pied de Clauss dans la surface. Contestations véhémentes (Rulli et Weah avertis), et Wahi se permet une Panenka pour égaliser. Du Wahi, dans la pure tradition.

La composition

OM (3-5-1-1)

Rulli, Pavard, Balerdi, Medina, Weah, Nnadi, Højbjerg (c), Vermeeren, Emerson, Timber, Aubameyang.

Remplaçants entrés : Mmadi (62e pour Emerson), Greenwood (63e pour Vermeeren), Kamissoko (80e pour Nnadi), Abdelli (81e pour Timber).

Nice (5-4-1)

Diouf, Clauss, Mendy, Bah, Oppong, Bard, Cho, Boudaoui, Samed, Sanson (c), Wahi.

Remplaçants entrés : Diop (46e pour Sanson), Boudache (67e pour Cho), Abdi (81e pour Bard), Carlos (81e pour Samed), Vanhoutte (90e pour Wahi).

Les stats clés

StatistiqueOMNice
Buts11
Tirs cadrés--
Possession--

Stats détaillées non disponibles via Athletixa pour ce match.

Les événements

  • 29e : carton jaune Emerson (OM) pour faute
  • 44e : cartons jaunes Medina (OM) et Wahi (Nice) pour contestation
  • 46e : Diop entre à la place de Sanson (Nice)
  • 62e : Mmadi entre à la place d'Emerson (OM)
  • 63e : Greenwood entre à la place de Vermeeren (OM)
  • 66e : but de Højbjerg (OM), 1-0
  • 67e : Boudache entre à la place de Cho (Nice)
  • 80e : Kamissoko entre à la place de Nnadi (OM)
  • 81e : Abdelli entre à la place de Timber (OM), Abdi entre à la place de Bard, Carlos entre à la place de Samed (Nice)
  • 86e : carton jaune Weah (OM) pour contestation
  • 87e : carton jaune Rulli (OM) pour contestation, penalty sifflé pour Nice
  • 88e : but de Wahi sur penalty (Nice), 1-1
  • 90e : Vanhoutte entre à la place de Wahi (Nice)

Le mot de la fin

Un point. Pris à domicile contre une équipe qui défendait à cinq derrière et qui n'a tiré qu'une fois cadré dans la surface (sur penalty). À trois journées de la fin, Lyon et Lille qui font le plein, on n'a plus notre destin en main, dixit Beye au micro. On regarde le classement Ligue 1 avec ce sentiment d'inéluctable qui colle à la saison. La suite du calendrier OM ne va pas pardonner. Et la Panenka de Wahi va rester gravée longtemps.